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Histoire & Sociétés Rurales - n° 22

2e semestre 2004, 296 pages - 27,5 € TTC

Forwords : Mathieu Arnoux

Studies

Luigi CAPOGROSSI COLOGNESI, Le statut des terres dans l'Italie républicaine. Un aspect de la romanisation des campagnes (IVe-Ier siècle avant J.-C.).

Résumé : Le régime des terres de l'Italie républicaine repose sur deux constantes qui ont marqué les paysages : la limitatio et le rapport entre terres privées et publiques. La conquête et le sort des terres des vaincus ont multiplié les intermédiaires entre ces deux situations. Toutes ces terres n'étaient pas passées en pleine propriété aux seuls citoyens romains. Les colonies latines, étrangères à la citoyenneté complète, forment un cas particulier, par le nombre important de colons installés et par l'ampleur des lots distribués. Des " vaincus " ont conservé ou retrouvé leurs terres. La période de la Guerre sociale (90-88 avant J.-C.) et l'organisation municipale provoquèrent une réorganisation du droit, sans faire cesser la multiplicité des régimes. La limitatio ne s'est pas imposée partout. L'autorité juridique qui s'est exercée sur les terres des colonies, des municipes, des préfectures, des oppida et fora a dû tenir compte de la diversité des situations foncières et des droits qui préexistaient à la conquête.

Mots-clés : Agriculture, colonies, citoyenneté, droit foncier, Guerre sociale, Italie romaine.

Mireille MOUSNIER, Mesurer les terres au Moyen Âge. Le cas de la France méridionale. Télécharger la traduction des notes de l'article

Résumé : Les chartes de coutumes informent sur les pratiques de l'arpentage, mais à travers les dispositions normatives. Notaires, percheurs et agrimenseurs apparaissent peu mais allient technique vivace, méthode et bonne foi. Les indications sur les mesures sont insuffisantes pour évaluer la morphologie agraire tant les perches sont multiples. L'arpentage est au service d'autres intérêts : organiser le prélèvement seigneurial sous le contrôle vigilant des communautés. L'espace lui-même est devenu une catégorie comptable quantifiable, entraînant des règles de proportionnalité, une rationalité nouvelle. Les grandes rivalités seigneuriales et royales, les innombrables opérations de peuplement se sont montrées soucieuses d'une intervention organisatrice de l'exploitation économique.

Mots-Clés : Arpentage, chartes de coutumes, mesure, Midi, perche.

Jean-Pierre DELHOUME, L'élevage bovin en Limousin au XVIIIe siècle. Des bœufs gras pour Paris. Télécharger le texte intégral

Résumé : Alors que le Limousin est souvent décrit comme un pays pauvre, isolé et archaïque, c'est depuis longtemps une terre d'élevage, qui s'est orientée précocement vers la commercialisation de bœufs gras, destinés surtout à la capitale. L'exploitation judicieuse des caractéristiques naturelles, des produits locaux abondants et de faible coût - foin, raves, châtaignes - l'irrigation des prés de fauche et l'engraissement des bœufs de pouture à l'étable l'hiver, ont permis de fournir des animaux gras au marché parisien au moment de l'année où les autres provinces comme la Normandie ne l'approvisionnent que faiblement. De ce fait le Limousin est inséré depuis longtemps dans le marché national.

Mots-Clés : Alimentation, bœufs de pouture, commercialisation, élevage bovin, engraissement, marché parisien, pré de fauche.

 François PLOUX, Luttes de factions à la campagne. L'exemple du Lot au XIXe siècle .

Résumé : L'opposition du parti du maire et du parti du curé, souvent décrite comme la forme emblématique de la querelle villageoise sous le régime du Concordat, n'est qu'une manifestation parmi d'autres du conflit de factions, caractéristique de la vie des collectivités rurales tout au long du xixe siècle. Ces affrontements sont étudiés ici à partir de l'exemple des communes du Lot (Haut-Quercy). Si l'enjeu des disputes reste pour l'essentiel local, les deux camps expriment souvent leur opposition dans le langage de la politique nationale. Cependant cette politisation des disputes ne se manifeste pas d'une manière linéaire et inéluctable. En observant les mécanismes de la formation des partis villageois, qui font jouer simultanément plusieurs types de solidarité, on peut évaluer dans quelle mesure l'affiliation des villageois à l'un ou l'autre de ces partis reflète leur inscription dans les réseaux de solidarité locaux.

Mots-Clés : Anticléricalisme, clergé rural, communauté villageoise, commune, faction, municipalité, paroisse, politisation.

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